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Onduler sur place : LLA

par Guillaume Pépin, le 7 mai 2016 | Critiques musicales

Sur Ondulé, on renoue rapidement avec ce qui nous avait charmés sur les premiers enregistrements de Loud Lary Ajust. Exit les ruminations nostalgiques, le pessimisme très drakien et le pseudo-intellectualisme qui rendaient Blue Volvo pour le plus souvent imbuvable – nous avons encore les lignes « Le surhomme de Nietzsche, ma blonde est peinte par Degas ! » au travers de la gorge —, ici, LLA se font davantage légers et impertinents, retrouvent cette impétuosité dont on s’était infatué sur le précédent Ô Mon Dieu.

Alors qu’Ajust, toujours épaulé par Ruffsound, tape dans sa collection de musique pop des années 1980 pour assembler des beats à la fois rétro et au goût du jour, on réalise que les deux rappers sont à leur meilleur lorsqu’ils s’accolent aux clichés de la culture Hip Hop : cocaïne, cannabis, champagne, voitures, argents, filles, etc. Ils offrent en ce sens une interprétation très crédible, portée par l’ingéniosité de leur livraison et leur attitude hautaine, violente par moments.

Là où le bât blesse, c’est lorsque, au fil des écoutes, on en vient à déceler dans ce dernier EP non seulement des parallèles, mais également des similarités avec Ô Mon Dieu. Le groupe était déjà reconnu pour réutiliser à outrance un lexique et certains sujets, mais Ondulé semble également tirer son essence musicale de certaines formules déjà exploitées dans le passé. Sans parler de pastiche, il nous faut avouer que dans l’esprit, RSVP rappelle clairement ONO alors qu’Ondulations pourrait passer pour la cousine de No Fucking Way.

Reste que l’on s’amuse à l’écoute de ce EP sur lequel le groupe, sans vraiment reculer, fait à tout le moins du surplace.