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Parler de Rouge Pompier

par Guillaume Pepin, le 24 mars 2016 | Critiques musicales

L’univers de Rouge Pompier est bon enfant. Il est clair que la bonne humeur du duo, qui se manifeste dans une pléthore de blagues de cours d’école et de jeux de mots douteux, vise à proscrire la prise de tête inutile, à célébrer la distorsion et les décibels. Deux problèmes se posent toutefois à l’auditeur qui aborde Chevy Chase, le dernier album du groupe. D’un côté, il est plutôt ardu de saisir sous quel angle doivent être pris les textes et, de l’autre, il est beaucoup trop facile de penser que la blague s’étend jusqu’à la proposition musicale.

La musique, d’abord, semble reposer sur un paradoxe. À en croire l’attitude qui la porte, elle représenterait une ode à l’anticonformisme, elle serait la manifestation d’une création sans compromis, défendue par un groupe qui conspue la rectitude hertzienne dominant les ondes québécoises. Et pourtant, tout dans cet album semble formaté pour cadrer dans le format radio-rock;  la dimension contestataire de l’œuvre s’en retrouve dès lors désamorcée ou, du moins, la critique prend des teintes réactionnaires. Difficile d’être plus cliché que de dire : je ne veux pas me conformer alors je fais du rock, d’autant plus s’il s’agit de rock à numéro.

Les textes, quant à eux, oscillent entre un humour évoquant Les Trois Accords, sans la folie, et les chansons de rupture quelque peu maladroites dans leur livraison, ce qui donne par moment des airs parodiques au décalage existant entre l’interprétation de Fuchs et les propos plus sombres de certaines chansons. On a au final drôlement l’impression de se trouver devant un disque enfantin qui, comme l’ironise bien le communiqué de presse du groupe (Règle 1 : Tu ne parles pas de Rouge Pompier), quémande l’attention plus qu’il ne fascine.