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Retrouvailles : critique du spectacle des Charbonniers de l’enfer au Grand Théâtre de Québec

par Cyril Schreiber, le 23 février 2018 | Chéri(e) j’arrive, Critiques musicales

Ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu Les Charbonniers de l’enfer sur scène – 5 ans précisément. C’est à l’occasion de la compilation 25 ans de grande noirceur que la formation a cappella reprenait les routes du Québec avec un nouvel spectacle, une cinquième tournée en carrière, Avoir su, qui s’arrêtait par le Grand Théâtre de Québec jeudi dernier.

C’était l’occasion pour faire un survol de ce quart de siècle en chansons traditionnelles (mais aussi contemporaines), du début officiel du groupe dans les années 1990 jusqu’aux chansons plus récentes. Un absent de taille pour ce spectacle dans la capitale : Jean-Claude Mirandette, malheureusement malade. Bernard Simard, ami du groupe, est venu en renfort et s’est somme toute bien intégré à ses comparses Michel Faubert, Normand Miron, Michel Bordeleau et André Marchand.

Devant une salle Octave-Crémazie remplie et enthousiaste, les Charbonniers de l’enfer ont ainsi alterner entre comique et tragique, entre chansons à répondre et adaptations du répertoire populaire – ce sont d’ailleurs ces dernières qui, paradoxalement, s’avèrent les moments les plus touchants du spectacle : Le vent nous portera (Noir Désir), Jours de plaine (Daniel Lavoie), La comète (Les Colocs), un intelligent mélange entre Tout le monde est malheureux et La tite toune de Gilles Vigneault, ou encore Cheminant à la ville des Sœurs McGarrigle, une douceur en guise de dernier rappel.

Bien sûr, on pourrait reprocher l’absence de telle ou telle chanson-phare des Charbonniers, qui aurait fait lever le party encore plus – impossible de toutes les inclure en deux heures de spectacle. Bien sûr, on pourrait critiquer l’enfilement trop soutenu des chansons, laissant trop peu de place à des interventions historiques toujours pertinentes. Mais ce petit goût d’inachevé n’a heureusement rien gâché à ces retrouvailles qu’on prolongera en se replongeant dans leur discographie incontournable. On leur souhaite pour la suite des choses autant d’années à faire revivre notre patrimoine de si belle manière.

Le site officiel des Charbonniers de l’enfer et leur page Facebook.

La setlist ici.

Cyril Schreiber