fbpx
Blogues

Sir Novalis von Weimar a écouté Cupid Deluxe de Blood Orange

par Guillaume Pepin, le 3 décembre 2013 | Critiques musicales

imgres

Blood Orange nous fait penser un peu à une dent, qui vacille tel un navire qui éprouve en silence la colère de Poséidon, alors qu’elle est sur le point de tomber et que nous la poussons paisiblement avec notre langue : il s’agit d’une affliction agréable, que nous répétons volontiers ad nauseam, à l’exception du fait qu’il n’y a pas de douleur à l’écoute de Cupid Deluxe, le dernier album du groupe (pour vu que le niveau des stéthoscopes ne soit pas trop élevé, et/ou que le conciliabule de la nécropole triangulaire de Maslow ait décrété un état de non-douleur). Nous avons sérieusement dû combattre la tentation de faire notre hermenaute, un analyseur pionnier du vide, et de s’écraser le front contre l’air, mais nous sommes finalement parvenus à résister, contrairement à Thomas d’Aquin qui envoya des buches en feu à la catin qui le tentait. Et nos pieds se sont laisser aller sur nos morceaux favoris (You’re not good enough, Uncle Ace, It is what it is et Chosen), aux percussions et à la basse endiablées, alors que notre macrocéphale prenait l’arrière-plan. La terre, plate comme une table (seulement, nous n’en voyons pas le bout à cause de nos yeux qui sont mauvais), portait nos nobles pas de danse. Blood Orange devrait plutôt se nommer « Sang Bleu », pour une description plus adéquate de l’état des choses, en raison de sa valeur aristocratique dans le domaine de la disco.

 

Notre note : 9/10

 

Sir Novalis von Weimar est un critique d’art, musicologue, collectionneur de curiosités, inventeur et joueur de poker professionnel. Depuis neuf ans, il est établi aux Territoires du Nord-Ouest d’où il peut avoir, de haut, un regard détaché sur la culture nord-américaine à l’aide de son invention : le très fameux hydroscope, un verre macroscopique unidirectionnel permettant de repérer les imperfections.