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Compte-rendu de la Noce de froment + entrevues du Jour 3

par Chéri.e j'arrive, le 12 juillet 2021 | Festival, Nouvelles

Félix Duchesne et Gabryel Arcand ont été à Chicoutimi pour le festival La Noce (de froment) la semaine dernière. Spectacles, entrevues et festivités, voici notre compte-rendu d’une noce de type blé tendre! Juste avant, nous avons pu avoir la chance d’avoir une entrevue avec le co-fondateur du festival et l’auteur-compositeur-interprète québécois, Philippe Brach.

Jour 1 – Mercredi 7 juillet

La Fièvre + Le Couleur

Quoi de mieux qu’une performance fiévreuse pour lancer cette 4e édition du festival La Noce, La Noce de froment, qui reprend sa place à Chicoutimi dans un format adapté aux réalités et mesures sanitaires. Le duo électro-pop rap montréalais, La Fièvre, nous ont offert tout sauf une performance « Blé tendre ». L’énergique Ma-Au Leclerc et l’expressive Zéa Beaulieu-April abordent férocement les rapports hommes-femmes, dans une féminité et un militantisme irrévocable ! L’énergie de la scène extérieure du corridor atteint son comble avec l’arrivée du 2e groupe de la soirée, Le Couleur. Le trio montréalais, formé de Laurence Giroux-Do (Chant), Patrick Gosselin (Basse) et Steeven Chouinard (Batterie), était accompagné de JC Tellier (Guitare), Phil Beaudin (Percussion) et de Sheenah Ko (Clavier) sur scène pour célébrer l’amour avec nous ! Et oui Laurence Giroux-Do à lancé le bouquet ! La performance chatoyante du groupe a été ponctuée de la présence de la Grand’Mariée, cette marionnette géante qui a enchaîné les mouvements de danse disco !

 

Kristian North + Mon Doux Saigneur

Direction Scène 1912 pour Kristian North et Mon Doux Saigneur ! Coincés entre plusieurs entrevues nous sommes arrivés tardivement pour la performance du chanteur anglophone montréalais. On remarque rapidement l’attitude Rock’n’roll et cynique de l’interprète. Des riffs de guitare à couper le souffle pour réchauffer l’atmosphère de cette salle aux allures de ruines industrielles. L’entrée sur scène de Mon Doux Saigneur a été fortement acclamée par la foule. Emerik St-Cyr Labbé et sa troupe montréalaise nous ont offert une performance généreuse de 11 chansons majoritairement tirées de l’excellent album Horizon. Deux nouvelles pièces, Jojo blues et Flou ont complété la liste de morceaux. Prit au plein milieu de la scène et fixant l’horizon Emerik a reproduit, tout au long d’une version allongée et futile de la pièce Awaye, une banale balade en Paddleboard qui semble avoir marqué la mémoire du jeune auteur-compositeur-interprète lors de son séjour à Baie-St-Paul.

 

Jour 2 – jeudi 8 juillet

Gab Bouchard

Après un soundcheck incongru, mais tout en humour devant la foule et un court couplet de « Iguanes », le champion moustachu du Lac-Saint-Jean ouvre le spectacle avec la chanson Journaux. Son fidèle batteur Victor Tremblay-Desrosiers réveille la foule rapidement et assure tout le long du spectacle l’esprit festif. Gab Bouchard nous offre une performance forte en expression. Entre ces blagues et anecdotes, l’interprète joue sur les contrastes et nous rappelle que c’est triste pareil, mais aussi que c’est cool, une nouvelle chanson que nous aurons la chance de voir sur son prochain album attendu au printemps 2022.

Anachnid

Représentant l’esprit de l’araignée, Anachnid nous attrape futilement dans sa toile aux multiples genres musicaux. À travers l’électro, la pop, la trap, sa musique nous hypnotise du début à la fin. L’artiste multidisciplinaire Oji-Crie de Montréal utilise autant des sons électroniques que des instruments plus traditionnels comme le tambour ou la flûte. Des basses qui font vibrer la scène, un clavier qui ressemble à un orgue et une voix envoûtante, voilà ce à quoi avait droit le public de la Noce de froment. L’auteure-compositrice autochtone de l’année 2019 de la Fondation Socan a livré un hommage touchant en lien avec les corps d’enfants autochtones retrouvés sur les terres d’anciens pensionnats canadiens.

Marie Davidson & l’Oeil Nu

Marie Davidson, accompagnée de ses incroyables musiciens, a dansé avec énergie, assurance et allégresse, contrairement au public qui était obligé de rester calme. Une panoplie de styles se métissaient, comme le rock, la techno et la pop. On pouvait reconnaître évidemment Mylène Farmer ou même Kraftwerk dans une mise en scène minimaliste, qui faisait penser aux clubs illégaux berlinois. La scène 1912, qui se situait dans les ruines de l’ancienne Pulperie,  proposait une acoustique caverneuse. Le son rebondissait sans gêne sur les murs de pierres et s’amplifiait naturellement. Moment fort du spectacle : la chanteuse et son percussionniste ont crié simultanément pendant au moins 3 minutes consécutives. C’était bouleversant.

Corridor

Ça, c’était rock pas mal ! Le groupe formé de Jonathan Robert (chant, guitare), Julian Perreault (guitare), Dominic Berthiaume (chant, basse), Julien Bakvis (drums) et Samuel Gougoux (percussions) a ouvert la 2e partie de la soirée pluvieuse avant de laisser place à Marie-Pierre Arthur sur la scène extérieure. La tonalité singulière et immersive de Corridor, accentué par un des plus beaux jeux de lumière du festival, nous fait complètement oublier la pluie fraîche qui débute dès la moitié de spectacle. Leur capacité à créer une tension par le biais de leurs ponts musicaux a su dégourdir la foule à de nombreuses reprises. La formation Indie rock de Montréal a conclu leur performance avec l’excellente pièce Domino de leur plus récent album Junior.

Robert Robert

Une performance simple, efficace, sans fioritures, mais fort agréable de l’artiste électro-pop montréalais Robert Robert ! Une première performance sous la forme d’un trio accompagné de Jeanne (Guitare, Clavier) et de Lazer (Percussion). Bien au sec, la foule s’est laissé emporter dès la première chanson dans l’univers pop nonchalant de Silicone Villeray. Un semblant de réalité postpandémique alors que Les gens ont décidé de faire la fête sans se casser la tête. La foule dansante n’a pas arrêté du spectacle et en a demandé plus. Robert Robert en a bien pris note et arrivera assurément avec du matériel rappel pour son prochain spectacle.

Jour 3 – vendredi 9 juillet

Brown Family

Ce vendredi de spectacles rap s’est conclu avec le trio familial de Brown Family ainsi que leur fidèle produceur Toastdawg. Ce groupe rap à propos du métissage, de la famille, de l’amour et du travail acharné qu’ils font depuis maintenant une dizaine d’années. L’énergie toujours au maximum de l’ancien animateur de camp de jour, Snail Kidd (Dead Obies), le rap intelligemment rédigé de Jam et la bonne humeur contagieuse de leur père, Robin Kerr, ne pouvait que faire danser, chanter et sourire la foule. Dans l’entrevue que nous avons eue avec Snail Kidd et Jam, ils nous disaient que la pandémie ne les a pas empêchés de continuer leurs spectacles, ils ont même joué dans un musée !

Flore Laurentienne

Une communion grandiose, introspective, mythique et immersive en direct de la cathédrale de Chicoutimi. Flore Laurentienne, le projet de Mathieu David Gagnon et son orchestre moderne, a offert une performance plus grande que soi. Les sept musiciens ( 4 cordes, 3 claviers ) ont présenté des pièces vivifiantes ponctuées de distorsions afin d’accentuer le sentiment dramatique de l’œuvre. Une musique émouvante qui nous rappelle la beauté et la richesse des silences.

Les Deuxluxes

Vêtus des plus beaux costumes du festival, Anna Frences Meyer et Étienne Barry sont venus rock’n’rollé les ruines pulpeuses. Les festivaliers ont eu un choix déchirant à faire entre Sheenah Ko et LesDeuxLuxes. Dans une mise scène à la Alice Cooper, entre le Gothic et la Glamour, le duo rock vintage ont enflammé la foule dès les premiers riffs du spectacle. L’énergie était à son comble, Mosh pits et Crowd-Surfing la foule dégantée en ont eu pour leur argent alors que LesDeuxLuxes en était à leur deuxième représentation de la journée. LE ROCK !

Sheenah Ko + Danse avec loops

Sheenah Ko est une musicienne avec un gros C.V.. Elle est membre de Besnard Lakes, elle collabore avec  LeCouleur, Navet Confit, Antoine Corriveau, Bedouin Soundclash, Kevin Hearn etc. (liste non exhaustive). En direct du Centre d’Expérimentation Musicale (CEM) de Chicoutimi, cette artiste menait la communion avec son clavier et sa douce voix. Une improvisation tellement fluide qu’on aurait cru que c’était orchestrer à l’avance. Cette messe psychédélique de fin de soirée s’harmonisait grâce aux 6 musicien.nes qui entouraient Sheenah Ko. Ce groupe qui porte le nom de « Connection ». Il a d’ailleurs vu le jour il y a un an, au même endroit !

Entrevue bonus, Original Gros Bonnet :