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Le Non-Impact Campus

par Vincent Lemelin, le 5 février 2018 | Guignol's band

J’avais beaucoup d’espoir, la semaine dernière, lorsque je pris connaissance de la couverture de Impact Campus : À huit mois des élections, des étudiant(e)s affichent leurs couleurs.

Assez rapidement, je déchantai.

Je découvris que nos chers étudiants ne faisaient, qu’à microéchelle, la politique de papa — et de maman, aussi bien sûr.
La jeunesse estudiantine n’a, semble-t-il, d’autres idées que de continuer le sillage de ses timorés de pères — et mères. Cela me désola. Cela, me ramena aussi au propre cas du journal Impact Campus.

Ce journal, dit étudiant, souffre du même mal que la jeunesse estudiantine qu’il couvre : il ne fait que singer, à plus petite échelle, le journal de papa — et de maman. Car oui je l’affirme, rien dans ce journal ne le distingue d’une publication qui ne serait pas étudiante. On pourrait croire qu’un journal, distribué gratuitement et qui ne comptabilise pas ses cahiers retournés, serait tenté par la prise de risques et l’envie de faire différemment — peut-être son équipe croit-elle faire tout cela — mais force est d’admettre, qu’il n’en est rien.

Vous doutez?
Ouvrons-le ensemble ; voulez-vous?

Nous trouvons la page éditoriale que signe le rédacteur en chef du journal : Si j’étais polémiste, — diantre! que ne l’est-il pas, il aurait pu être intéressant. Après la faute d’accord à la deuxième ligne et qui en annonce d’autre*, Raphaël, car c’est son prénom, nous assure être un garçon bien calme. Nous voilà rassurés! Trop de vigueur dans le propos nous eût effrayés. C’est en garçon calme qu’il prend le ton de celui qui est au-dessus de la nouvelle qu’il se retrouve contraint de commenter –nous comprenons ce désir… La pose prise, il devient garçon de coeur et entame le chapelet. Puis, se fait bâtisseur. En effet, il annonce calmement se donner la tâche de construire des ponts entre les cultures. Pour ma part, je préfère la nage. Mais Raphael se trompe en engageant ainsi son journal ; nous, lecteurs, ne lui demandons pas de livrer un troisième lien entre les cultures mais simplement d’en avoir une — fut-elle sri lankaise.

Je ne m’acharnerai pas inutilement sur le rédacteur en chef qui, de toute façon,n’est pas bien méchant ; il rêve, simplement, de finir à Radio-Canada. Je lui dirai simplement ceci, en supposant qu’il me lise ce qui m’étonnerait : c’est un bon principe de français et de société que dans une énumération l’on place le “moi” après “l’équipe”, si besoin est de préciser qu’on fait partie de l’équipe — j’ajoute que c’est très inclusif.

Tout le reste du journal reprend les lieux communs médiatiques, il ne serait que méchant de tous les énumérer et d’en argumenter le peu d’intérêt.

Le journal a les moyens financiers et de distribution mais pas l’impact, peut-être est-ce qu’il lui manque l’imagination et l’originalité?

 

*L’auteur trouvait drôle de faire volontairement cette erreur.