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L’Ordre du Jour

par Vincent Lemelin, le 31 janvier 2018 | La Tectonique des Nations

Nous avons lu le dernier Goncourt.

Certes, l’encre des pages de l’ordre du jour n’est plus tout à fait fraîche, mais le Québec accusant toujours quelques retards, nous avons décidé d’en faire critique. De l’intrigue, afin de n’en rien révéler qui puisse spoiler, nous ne dirons rien si ce n’est que le livre relate l’Anschluss.

Si nous avions l’esprit média culturel, nous vous dirions que l’auteur Éric Vuillard réussit avec brio sa transition d’une enlevante carrière musicale vers celle plus prosaïque d’écrivain. Malheureusement, ce dernier avait déjà écrit quelques romans.

Le livre est court. Les phrases aussi. Le rythme est réussi. Et, il convient de dire que Vuillard arrive souvent à de belles fulgurances.

Pourtant!

La lecture, presque toujours agréable, nous fatigue. L’auteur nous prend par la main, au fil des phrases courtes, et semble nous dire : voyez comment j’ai défoncé cette porte! et celle-ci! et celle-là encore! — il veut tellement nous prendre à témoin qu’il nous épuise et puis, il n’est pas toujours certain qu’elles n’étaient pas déjà ouvertes, ces portes.  À nous tirer partout, il nous écrase la main et l’on voudrait lui dire: mais lâchez nous! et c’est peut-être signe de son talent qu’on ne le lâche pas.

Nous avons dit qu’il était court. Si faits, nous le terminions après deux trajets d’autobus d’une assez longue durée, il faut l’admettre. Cela le rendra cher aux lecteurs d’aujourd’hui.