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La littérature comme forme d’accès au savoir

par Sara Trottier, le 4 février 2019 | Laissez vos armes aux vestiaires !

On dit parfois que l’université est une « tour d’ivoire », car le savoir devient l’affaire d’une poignée de chercheurs au fait de connaissances très spécialisées. Comment faire du savoir autre chose qu’un « entre-soi » et rejoindre plus de gens? C’est la question que Sara Trottier posait le 1er février dernier à ses invités Jacques Mathieu, professeur d’histoire émérite de l’Université Laval et Chloé Pouliot, candidate à la maîtrise en création littéraire à l’Université Laval. La piste de réponse envisagée est la littérature peut permettre d’accéder au savoir. Au cours de l’émission, les invités situent leur pratique de la littérature comme bien différente de la vulgarisation scientifique. Ils en viennent à un plaidoyer pour l’importance de la recherche en sciences humaines.

Après avoir publié plus d’une vingtaine de monographies au courant de sa carrière, Jacques Mathieu a fait usage de la fiction dans deux études historiques parues dans les dernières années (Entre poudrés et pouilleux, Septentrion, 2008 et La vie méconnue de Louis Hébert et Marie Rollet, Septentrion, 2017). La fiction est une manière de transmettre ses recherches à un public plus large, de remplir certains blancs laissés par les archives, mais aussi de montrer de l’intérieur la vie d’êtres qui peuvent sembler loin de nous. L’historien nous livre le secret derrière les axes qui le guident quand il essaie de donner sens à un objet, pour une exposition muséale, ou à une existence, dans le cas d’une biographie. Jacques Mathieu nous dévoile enfin les recherches qui l’animent actuellement.

Chloé Pouliot s’intéresse aux nouvelles croyances religieuses dans la société québécoise. Elle tente, à travers des recherches de maîtrise, de cerner le phénomène dans ce qu’elle nomme « galerie de portraits », le fruit d’un projet de création littéraire au carrefour entre la littérature, le reportage et l’ethnologie. L’enchevêtrement de trois niveaux de narration permettra une lecture dynamique de portraits de croyants, alors que ses impressions subjectives essaimeront la page. Bien loin d’être endoctrinés, les fidèles des nouvelles religions adhèrent à ces croyances librement, nous dit Chloé. Elle souhaite, par sa recherche-création, amener un discours nouveau sur eux. Au cours de l’émission, elle glisse un mot sur ses autres projets ; bien que littéraires, ce sont toujours des explorations pour mieux comprendre notre monde.