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Les meilleurs films de 2019

par Nicky Lamontagne, le 18 décembre 2019 | Les marins d'eau douce

C’est devenu une tradition. Chaque fin d’année, les palmarès de tous types pullulent sur les réseaux. Ça fait beaucoup, surtout qu’on y ajoute cette année les palmarès de la décennie. Malgré tout, j’ai décidé d’y ajouter mon grain de sel afin de participer à la GRANDE conversation : quel a été le meilleur film de l’année?

Bien que la première moitié de 2019 ne laissait pas entendre qu’elle serait une immense année côté cinéma, force est d’admettre que la seconde a fait mentir les pronostics. Nous nous sommes retrouvés dans un océan d’excellentes productions cinématographiques en provenance des quatre coins de la planète. 🌏

Même si certains vont prétendre l’objectivité, il est quasi impossible de juger d’une œuvre ainsi. La subjectivité fera donc partie entière de ce top 10! Vous y trouverez des films d’une qualité certaine qui méritent absolument votre attention. Des films à voir dès votre lecture terminée!

 

10. Il pleuvait des oiseaux

En adaptant le livre de Jocelyne Saucier, Louise Archambault fait le pari que les remises en question des personnes âgées peuvent intéresser tout le monde. Il faut lui donner raison. Elle signe ici un magnifique film sur la vieillesse où on s’interroge sur le rapport à la mort et à l’histoire sans tabou.

On y suit la vie de trois ermites qui ont fui la vie moderne pour vivre selon leurs propres règles dans le fond de la forêt abitibienne. Bien que Gilbert Sicotte et Rémy Girard y soient excellents, c’est Andrée Lachapelle qui se démarque en offrant, tristement, sa dernière performance au grand écran. Elle aura su marquer nos mémoires avec son jeu franc rempli d’une profonde humanité.

 

9. La femme de mon frère

Avec sa présence et son prix à Un Certain Regard, le premier film de Monia Chokri a fait couler beaucoup d’encre au printemps dernier. On y raconte l’histoire d’une sœur et d’un frère qui vivent une relation fusionnelle qui sera tantôt chamboulée par les aléas amoureux de ce dernier.

Une autofiction aux couleurs pastel qui n’hésite pas à piger ici et là dans le répertoire du cinéma québécois et à faire des références constantes à la culture populaire. Anne-Élisabeth Bossé, qui y tient le rôle principal, est sans contredit la vedette de l’œuvre. Un film qui plaira à n’importe quel millénial (et aux autres).

 

8. The Irishman

Un hommage assumé aux films de gangsters qui ont marqué le cinéma de Martin Scorcese comme la carrière des De Niro, Pacino et Pesci. On y sent le fruit d’une réflexion profonde sur la vie. Le genre prend en maturité à travers le thème de la vieillesse qui se glisse à travers ceux de la famille, de la violence et de la corruption qui ont aussi fait la renommée de l’Italo-Américain.

La contestée durée du film de trois heures trente est nécessaire et s’absorbe comme un charme une fois les pièces du puzzle mises en place. Même le rajeunissement numérique des acteurs passe presque inaperçu. Le film nous pousse à nous poser la question : est-ce que les choix que nous faisons en valent vraiment la peine? La réponse se laisse encore attendre.

 

7. The Lighthouse

Comme pour The Witch, Robert Eggers s’est inspiré de véritables contes, légendes et récits, cette fois-ci sur les gardiens de phare, pour mettre en scène un film aux moyens du cinéma des années 30. Le résultat nous plonge dans une époque où le cinéma se faisait d’une autre façon.

À l’écran, on nous décrit la vie de ses hommes mis dans des conditions extrêmes et laissés à eux-mêmes aux proies de la folie. On s’enlise au même titre que les personnages dans cette histoire qui a de moins en moins de sens; où on perd la notion du temps et nos repères. Une quête spirituelle dystopique attend ceux et celles qui oseront se prêter au jeu des vagues, des mouettes et des sirènes.

 

6. Kuessipan

Le deuxième long métrage de Myriam Verreault s’est fait attendre longtemps et pour cause. Avec Naomi Fontaine, autrice du roman duquel le film est librement inspiré, elle a planché pendant cinq ans sur un scénario qui saurait capturer l’essence de la communauté innue. À voir leur réaction en salle, on peut dire que c’est mission accomplie.

Le film raconte l’histoire de deux amies d’enfance qui voient leur amitié bousculée lorsque l’une d’elles tombe amoureuse d’un blanc et se met à rêver de quitter la réserve. Une histoire remplie d’humour et d’humanité interprétée à merveille par des acteurs et actrices non professionnels qui le sont devenus. Un film divertissant et nécessaire qui permet la rencontre de deux peuples trop longtemps séparés.

 

5. Once Upon A Time In Hollywood

Meilleur film de Quentin Tarantino depuis Inglorious Basterds, cet hommage au vieil Hollywood se veut plus sobre et plus mature que ce à quoi le controversé réalisateur nous a récemment habitués. Le film réunit pour la première fois deux des dernières stars d’envergure du cinéma en Leonardo DiCaprio et Brad Pitt qui offrent des performances à la hauteur de leur talent. C’est sans compter une Margot Robbie en pleine forme qui fait beaucoup avec le peu qu’on lui donne.

Le film se veut une fable sur le changement, sur la fin d’une époque et sur la difficulté de s’adapter à un monde en pleine transformation : des thèmes qui résonnent drôlement en 2019. Un film qui sera difficile à surpasser pour un dixième et ultime effort cinématographique de la part d’un des pères du cinéma indépendant tel qu’on le connaît aujourd’hui.

 

4. The Farewell

Un premier film pour Lulu Wang qui s’inspire ici de sa vie tel que discuté dans la série This American Life. On y découvre la rappeuse et actrice Awkwafina pour la première dans un rôle dramatique alors qu’elle y joue Billi : une jeune écrivaine sino-américaine qui doit jongler entre les coutumes de sa famille chinoise et ses valeurs américaines au moment où elle apprend que sa grand-mère est mourante.

Un magnifique film sur la famille, l’immigration et le choc des cultures. On en sort ébranlé avec la vive envie d’appeler nos grands-parents sur-le-champ.

 

3. Midsommar

Quand je disais que les listes du genre ne pouvaient qu’être subjectives, je pensais à ce film; un film qui a marqué l’année, mais que vous ne verrez aussi haut sur aucun autre palmarès. Le film m’a offert tout ce que je voulais et plus encore.

Notons d’abord le concept de l’œuvre : un film d’horreur/suspense qui se passe entièrement à la lumière du jour. On y ajoute la prémisse : un groupe de jeunes qui se rend dans un festival nordique qui n’a lieu qu’une fois aux 90 ans dans un village isolé. Accompagné de subtils effets spéciaux, d’un excellent jeu d’acteurs et d’une photographie parfaite, ce film a été l’un des plus rafraîchissants de l’année sans l’ombre d’un doute.

 

2. Parasite

Un film qui fait figure de proue dans presque tous les palmarès de fin d’année comme celui-ci. On ne peut nier la qualité cinématographique de cette dernière offrande de Bong Joon-Ho. La réalisation, la photo, le scénario : tout y est. Plusieurs mois après mon visionnement, je déconstruis encore ce qui m’a été présenté dans ce film afin d’en saisir toute l’ampleur.

Une fois de plus, j’ai été fasciné par la capacité du Sud-Coréen à faire des films aussi divertissants que réfléchis. C’est une chose de faire des œuvres qui critiquent le monde dans lequel on vit, mais c’en est une autre de s’assurer qu’ils soient vus massivement. Bong Joon-Ho est sans contredit celui qui maîtrise le mieux cet art au moment où vous lisez ces lignes.

 

1. Marriage Story

Il n’y a rien de mieux qu’une bonne histoire d’amour, même quand celle-ci doit se sceller de manière tragique. L’histoire de l’art en soi nous le prouve depuis longtemps. Ici, Noah Baumbach nous offre l’une de ses plus belles œuvres tout en touchant des thèmes qu’il affectionne depuis toujours.

On ne peut qu’être fasciné par les performances d’Adam Driver et de Scarlett Johansson particulièrement lors des longs plans-séquences où on les voit changer d’émotions en temps réel, nous apportant dans les confins de leur souffrance. Un fabuleux portrait du mariage et de son contraire qui rend hommage à la vie sous toutes ses formes.

 

Autres mentions

Films québécois : Antigone, Une Colonie, La Grande Noirceur, Matthias et Maxime, Carnaval.

Films américains : The Last Black Man In San Francisco, High Life, Waves, Joker, Us.

Films documentaires : Honeyland, Hail Satan?, American Factory

Films que j’attends toujours : Uncut Gems, Little Women, Honey Boy