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Critique Littéraire : Il n’y a que les fous (Collectif)

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par Émilie Rioux, le 17 novembre 2015 | Chéri(e) j’arrive, Non classé

Collectif (dirigé par Cassie Bérard)
Il n’y a que les fous
L’instant même
2015

Il n'y a que les fousLe jeu de la folie

La folie : thème vieux comme le monde, maintes et maintes fois traité en littérature. Le nombre de livres portant là-dessus est infini, tout comme est infini le sujet. À cette longue liste s’ajoute désormais Il n’y a que les fous, recueil collectif de nouvelles inédites paru chez L’instant même en septembre 2015.

Au programme, dix auteurs, issus majoritairement de la relève, pour dix textes autour de la folie, rassemblés par une écrivaine elle-même de la relève, Cassie Bérard. Ce terme se traduit en plusieurs formes : folie ordinaire (donc encore plus terrifiante), folie sociale, folie informatique, paranoïa, violence, autodestruction, etc. Le langage même devient fou, abonde comme chez Beckett (les nouvelles de Jean-Simon DesRochers et Jean-François Chassay en font foi), ou se mélange avec un autre langage, numérique celui-ci (le surprenant DD BY de Mathieu Leroux). On voit donc que le thème est riche, peut-être même trop : les différentes voies littéraires de son exploitation aboutissent à quelque chose qui semble forcé, artificiel, ces nouvelles ayant pu être regroupées sous une autre thématique sans que cela ne choque. Bref, la folie a le dos (très) large.

Au final, pas de grande surprise ici. Chaque auteur, du moins ceux que l’on connaît le plus, reste dans son créneau, où il excelle certes, mais où il ne surprend pas. Par exemple, François Blais fait du François Blais avec un narrateur sûr de lui et hilarant qui s’exprime bien, David Bélanger joue à nouveau dans son carré de sable préféré, à savoir l’enquête policière, Andrée A. Michaud reste à la fois hermétique et brillante, etc.

La force de ce recueil, sa diversité et son thème exploité sous plusieurs formes, est aussi sans doute sa plus grande faiblesse : à force d’être varié et pluriel, Il n’y a que les fous manque peut-être d’un fil rouge, d’une certaine continuité entre les textes. Ceux-ci, sans être mauvais, ne sont sans doute pas les meilleurs de leurs auteurs. Dommage, et c’est ce qui participe à la petite déception qui émane de la lecture. Rassembler autant de talents n’est malheureusement pas toujours gage de réussite.

 

Cyril Schreiber

Auteur : Émilie Rioux