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Mon Festival d’été de Québec 2017 (par Cyril Schreiber)

Crédit : Cyril Schreiber
par Cyril Schreiber, le 7 juillet 2017 | Chéri(e) j’arrive

Jeudi 13 juillet 2017

Crédit : Cyril Schreiber

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Deux « petits » spectacles francophones à la scène Fibe avant de se diriger sur les Plaines pour y voir les mythiques The Who. D’abord, à 17 heures, la jeune Lou-Adriane Cassidy, fille de la chanteuse Paule-Andrée Cassidy, bien connue dans le milieu musical à Québec. Les gens la connaissent peut-être pour avoir participé à La Voix. Malgré son très jeune âge, Cassidy fait preuve d’un bel aplomb sur scène : sa très belle voix et ses mélodies efficaces sont ses atouts majeurs. Par contre, quelques maladresses dans les textes se voient ici ou là, mais c’est tout à fait normal pour son âge. Celle qui sait s’entourer de très bons musiciens (Simon Pedneault, PE Beaudoin, Jessy Caron et Vincent Gagnon) a certes écrit quelques chansons (quand ce n’est pas Philémon Cimon ou Les sœurs Boulay), mais c’est d’abord une interprète. Ainsi, lors de ce spectacle au FEQ, on a pu entendre ses excellentes reprises de Gilles Vigneault (Au jardin de mon père), Leonard Cohen (The partisan), Richard Desjardins (Va-t’en pas) et Catherine Major (La voix humaine). Un bel avenir lui est assuré.

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Puis, à 18h30, c’était au tout d’Amélie No de prendre la scène. Celle qu’on a connue auprès du groupe I.No ou dans le cover band Le Comité en était à un tout premier spectacle avec son propre matériel, qu’on pourra entendre sur un album à paraître dans les prochains mois. Très nerveuse (ce qui normal dans les circonstances), la chanteuse de Québec y a été de quelques interventions maladroites mais heureusement, la qualité de ses interprétations était au rendez-vous. Musicalement, elle se situe dans l’indie pop, avec parfois des touches de blues, notamment. Une belle entrée en matière et un nom à surveiller si ce n’est déjà fait.

Cyril Schreiber


Mercredi 12 juillet 2017

Crédit : Cyril Schreiber

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Programmation éclectique en ce milieu de dernière semaine au Festival d’été édition 50. Pendant que l’Électro FEQ battait son pleine sur les Plaines, le folk-pop envahissait le Parc de la francophonie et la chanson surannée d’amour, la Place d’Youville. Premier arrêt, le Pigeonnier, pour voir et entendre le toujours talentueux Leif Vollebekk. Le chanteur installé à Montréal ouvrait pour les « beaux gosses » que sont Matt Holubowski et Bobby Bazini, mais il a tout de même reçu une belle écoute et une belle réception de la part d’une foule déjà considérable même à 19 heures. Dans ce concert malheureusement trop court d’une quarantaine de minutes et sept chansons (tout de Twin solitude, son troisième et plus récent album), Vollebekk a nous fait voyager dans son univers folk americana, idéal pour se faire qu’on est sur la route en plein été. L’aussi bon guitariste que claviériste, toujours aussi expressif physiquement, était accompagné d’un bassiste et d’un batteur. Et si les chansons de Twin solitude sont moins originales que celles d’Inland, son premier disque qu’on réécoute sans cesse, elles semblent particulièrement efficaces en spectacle, même extérieur. (setlist ici)

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Déplaçons-nous ensuite pour le reste de la soirée à Place d’Youville où les chanteurs de charme étaient à l’honneur. D’abord, Gab Paquet, de Québec, à l’univers décalé et irrésistible, qui aura pu se vanter d’avoir fait la première partie de Michel Louvain au moins une fois dans sa vie. Paquet est à la fois ironique et sincère dans son personnage, et si ses chansons n’en sont pas de grandes, il faut au moins reconnaître qu’elles sont efficaces dans leur genre. S’il jouait majoritairement devant des fans de Louvain (qui ont dû être surpris par le bonhomme), n’allez pas croire qu’il n’avait pas lui aussi sa délégation d’admirateurs venu acclamer ce personnage incontournable de la scène locale à Québec.

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Évidemment, la grande vedette de la soirée, c’était Michel Louvain, pour un double anniversaire : 80 ans (ce jour-là) et 60 ans de carrière. Une Place d’Youville pleine et même beaucoup de gens aux alentours du site pour voir et entendre le fringant chanteur qui n’a jamais vraiment cessé d’être populaire. Oui, La dame en bleu a été chantée, même pas forcément lors des rappels. Mais Louvain, très énergique sur scène, s’est gâté pour ce spectacle spécial en chantant aussi les grands succès de ses idoles à lui, et un peu celles de son public aussi : crooners des année 50 (Dean Martin, Bobby Vinton…), Presley, Trenet, Aznavour, Distel, etc. Et ce, avec parfois des invités comme Roch Voisine, Brigitte Boisjoli, Marie-Ève Janvier, etc. Un spectacle certes nostalgique mais efficace à sa manière. Durer aussi longtemps et avoir toujours autant la pêche et autant de plaisir, ça force le respect.

Cyril Schreiber


Mardi 11 juillet 2017

Crédit : Cyril Schreiber

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Depuis plusieurs années, le FEQ a la bonne idée de donner carte blanche à un artiste d’ici pour son grand spectacle sur les Plaines. Après notamment les éditions réussies des Trois Accords et Louis-Jean Cormier, c’était au tour logique des Cowboys Fringants d’avoir champ libre pour ce grand événement, intitulé Octobre sur les Plaines. Grâce à un paquet d’éléments (chansons méticuleusement choisies, plus de musiciens sur scène, clowns et acrobates, invités, tableaux de Martin Bureau, etc.), les Cowboys ont prouvé qu’ils sont rois et maîtres pour un party sur les Plaines, un beau soir de juillet au Festival d’été. Plaines très bien remplies, faut-il avouer, preuve que le groupe québécois connaît encore un certain succès même après 20 ans de carrière. Une fête réussie, même si comme dans toutes les fêtes, l’enrobage supplantait parfois le contenu, et que certains fêtaient plus fort que d’autres : les joies d’un grand spectacle extérieur avec une foule importante… (setlist ici)

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Crédit : Cyril Schreiber

Auparavant, les festivaliers arrivés tôt sur le site ont pu apprécier, s’ils étaient déjà fans, ou découvrir, s’ils ne les connaissaient pas, le groupe déjanté Les Goules, de Québec, qui donne dans le rock-punk engagé. La troupe de Keith Kouna, plus habituée à jouer au Scanner que sur les Plaines d’Abraham, se produisait sûrement devant leur plus grosse foule en carrière, ou tout du moins sur la plus grande scène. Auront-ils réussi à convertir de nouveaux adeptes ? La question est ouverte, car la musique des Goules est sans concession, tant dans la forme que dans le fond. Les festivaliers ont pu entendre Kouna offrir tantôt des interventions poétiques, tantôt des interventions engagées contre tout ce qui s’appelle capitalisme ou argent (le FEQ en prenant même pour son grade au passage). Voir Les Goules en spectacle est une expérience déboussolante et inoubliable (dans le bon ou le mauvais sens ? À chacun de voir), avec ses bons et ses mauvais côtés… (setlist ici)

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Crédit : Cyril Schreiber

C’était ensuite l’Acadienne Lisa LeBlanc qui est monté sur scène pour offrir elle aussi une sorte de version carte blanche de son spectacle actuel, Why you wanna leave, runaway queen ?. Les moments forts de sa prestation ? Assurément sa reprise avec Voivod de Ace of spades de Motörhead, qui rockait pas mal. Mais aussi son inévitable succès (vous savez lequel), chantée avec sa mère et ses tantes, ainsi que sa belle ballade Kraft Dinner en duo avec sa mère. Pour le reste, c’était un spectacle traditionnel de LeBlanc, qui déménageait, certes, mais qui n’avait rien d’exceptionnel non plus. Peut-être que trop de chansons en anglais a contribué à faire décrocher une partie du public… (setlist ici)

Cyril Schreiber


Lundi 10 juillet 2017

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Crédit : Cyril Schreiber

Il y a longtemps qu’on n’avait pas entendu parler de Tété, dont on avait beaucoup écouté les deux premiers albums au début des années 2000. À la faveur d’une mini-tournée canadienne, le chanteur français revenait donc au Québec pour la première fois depuis 14 ans. Son passage à 17 heures, heure ingrate en semaine, sur la scène Fibe en ce début de semaine marquait sa première fois au FEQ. Devant un parterre surtout rempli de familles, seul sur scène, Tété a présenté notamment les chansons de son dernier album en date, Les chroniques de Pierrot Lunaire. L’excellent guitariste, qui n’a pas hésité à haranguer plusieurs fois la foule histoire de ne pas la perdre, fait dans une pop reggae acoustique pas désagréable, mais peut-être lassant au bout d’une heure, surtout qu’il commençait à pleuvoir. Ceci dit, ce fut fort agréable de renouer avec son univers, notamment lors de la très belle chanson À la faveur de l’automne, interprétée en dernier avant d’aller faire un rappel au milieu de la foule, comme dans le temps, puisqu’il a commencé à chanter dans la rue et le métro. (setlist ici)

Cyril Schreiber


Dimanche 9 juillet 2017

IMG_4638Une température encore une fois exceptionnelle (ni trop chaud, ni trop froid, aucune précipitation) pour clore le premier week-end de ce 50ième Festival d’été, et un programme triple francophone hétéroclite mais réussi à la scène Loto-Québec aka Parc de la francophonie aka le Pigeonnier.

C’est Sally Folk qui a parti le bal sur le coup de 19 heures, avec un spectacle forcément court (une quarantaine de minutes) mais très bien rodé. Celle qui en était à une première apparition au FEQ a encore une fois usé de ses charmes pour conquérir les spectateurs présents ce soir-là, mélangeant plusieurs chansons de ses trois albums francophones et même deux titres de son premier disque, anglophone celui-là. Dans tous les cas, un pop-rock efficace sur des textes intelligents qui ont fait passer un beau moment. (setlist ici)

Crédit : Cyril Schreiber

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C’est définitivement La Chicane que la majorité des festivaliers dominicaux – ceux qui n’étaient pas sur les autres sites – sont venus voir. Le groupe abitibien revient exceptionnellement pour une tournée retrouvailles de 2 ans, laissant de côté les conflits du passé, et ne pouvait pas ne pas passer par Québec et son Festival d’été, où ils ont joué souvent. Menée par un Boom Desjardins survolté, la troupe a évidemment interprété ses grands classiques, notamment dans un medley. Un spectacle nostalgique, assurément, mais une nostalgie assumée par un grand nombre de fans : la question alors n’est plus de savoir si cette reformation était nécessaire ou non, mais bien simplement de constater que le groupe a connu un succès populaire dans son temps et que cette retour éphémère a trouvé écho auprès d’un public qui a vieilli mais n’a pas oublié.

Pour clore la soirée, un monument de la chanson française, amoureux du Québec : Michel Fugain. Les festivaliers ont eu la chance de voir non seulement cette icône aux nombreux succès, mais aussi de découvrir autour de lui une troupe de 11 vrais musiciens (rien de moins !), Pluribus (contrairement au célèbre Big Bazar, qui était composé de chanteurs-comédiens et chanteurs-danseurs).

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Crédit : Cyril Schreiber

C’était donc un véritable spectacle de Michel Fugain & Pluribus, où les efficaces nouvelles chansons de ce projet se sont très bien mariées avec les standards du chanteur français, réarrangés efficacement pour ce nouveau projet par Pierre Bertrand (pas celui de Beau Dommage). Fugain s’est même permis de parler souvent entre deux morceaux, jouant beaucoup sur le décalage (et les ressemblances) entre sa génération 60/70 et celle, toute jeune, de ses musiciens. Même si le spectacle a un peu perdu de son souffle à mi-parcours, les spectateurs ont pu tout au long de la soirée vivre un karaoké géant en chantant ces chansons qu’ils connaissaient par cœur depuis des années et qui sont inscrites dans leur ADN (Fais comme l’oiseau, La fête, Attention mesdames et messieurs, Une belle histoire, Je n’aurai pas le temps et beaucoup d’autres). Ces retrouvailles avec l’un de leurs chanteurs français préférés furent tout simplement magiques. (infos ici et ici, setlist )

Cyril Schreiber


Samedi 8 juillet 2017

Crédit : Cyril Schreiber

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De la visite rare à Québec en ce début de samedi soir du côté de la Scène Fibe avec le passage de Peter Peter, chanteur… québécois, mais installé à Paris depuis plusieurs années. Il venait défendre la version scénique, en format festival, de son nouvel album, Noir éden. Et pour se faire excuser de ne pas se produire plus souvent dans sa propre province, Peter Peter n’a pas lésiné sur l’énergie déployée sur scène, qu’il a réussi à communiquer au bruyant public quand même nombreux venu le voir, n’hésitant pas parfois à s’approcher du premier rang. De plus, la qualité de ses nouvelles chansons, comme celle des plus anciennes (Tergiverse, Carroussel, Une version améliorée de la tristesse), était aussi au rendez-vous – bref, un court concert fort sympathique qui nous a rappelé que Peter Peter est non seulement talentueux, mais est aussi une bête de scène à sa manière.(setlist ici)


 

Jeudi 6 juillet 2017

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Crédit : Cyril Schreiber

Soirée 100 % francophone sur les Plaines d’Abraham pour l’ouverture de ce 50e Festival d’été de Québec. Dans un premier temps, après les discours protocolaires d’usage, les nombreux festivaliers ont pu assister à la dernière du spectacle-hommage Desjardins, on l’aime-tu !, où le répertoire de Richard Desjardins était à l’honneur. Le projet avait d’abord vu le jour sous forme d’un disque, paru fin avril, sous l’impulsion du rappeur Steve Jolin/Anodajay.

Dans une mise en scène d’Émilie Laforest, et entourés d’une solide équipe de musiciens sous la direction de Guido Del Fabbro, plusieurs artistes se sont succédés sur la grande scène pour interpréter seul, parfois en duo ou encore avec des chœurs, une ou deux chansons de Desjardins, socialement engagées ou sentimentalement bouleversantes. Celles-ci passaient-elles le test de ce site hors-proportion que sont les Plaines ? Étonnamment, oui, et paradoxalement, ce sont les chansons les plus délicates qui ont atteint leur cible, leurs interprètes étant tous en grande forme : Fred Fortin avec le doublé gagnant Tu m’aimes-tu ? et Le cœur est un oiseau, Keith Kouna et sa Jenny tout autant qu’avec …et j’ai couché dans mon char, Les sœurs Boulay avec L’engeôlière, Philippe B avec Y va toujours y avoir… Seules les interventions inutiles de Queen Ka semblaient déplacées dans ce spectacle sans véritable temps mort qui aura eu le grand avantage, sans doute, de faire découvrir la poésie du chanteur abitibien à un public peu habitué à son univers. Qui aurait cru que du Richard Desjardins, ça fonctionnerait sur ce site immense que sont les Plaines d’Abraham ?

Setlist ici.

En deuxième partie de soirée, un évènement spécial et unique : Noces d’argent, un spectacle conçu spécifiquement pour cette soirée du 6 juillet, qui soulignait deux anniversaires : les 45 ans d’Isabelle Boulay et ses 25 ans de carrière. Au programme, plus d’une vingtaine de chansons où se mélangeaient efficacement avec un bel équilibre les nouveaux titres, ses grands succès et des reprises méticuleusement choisies par la chanteuse gaspésienne.

Cette dernière n’était pas seule sur scène, loin de là : entourée elle aussi d’une solide équipe de musiciens (une récurrence ce soir-là) sous la direction de Simon Godin et de la section des cordes de l’Orchestre symphonique de Québec, Isabelle Boulay s’est fait plaisir en invitant des amis sur scène pour plusieurs beaux moments : Mappemonde de et avec Les sœurs Boulay (ses « nièces » spirituelles), Paul Daraîche pour un doublé qui comprenait une reprise tout en cuivres de Ring of fire de Johnny Cash, et Patrick Norman, pour son grand succès Quand on est en amour et une adaptation en français de Lucille.

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Crédit : Cyril Schreiber

Certes, les arrangements orchestraux paraissaient parfois trop sirupeux. Certes, on peut ne pas aimer son répertoire. Mais il faut reconnaître à Isabelle Boulay un talent indéniable d’interprète. Cette double fête, elle a su en profiter tout en soulignant la fidélité de son public qui la suit depuis des années. Une très belle soirée dans l’ensemble, magnifiée par une température pas loin d’être parfaite.

Setlist ici.

Cyril Schreiber

Auteur : Cyril Schreiber