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FME 2019 | 5 moments marquants

par Nicky Lamontagne, le 3 septembre 2019 | Festival, Nouvelles

Le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue (FME) s’est terminé sous un ciel gris après quelques journées sous le soleil intermittent. On a parlé de météo toute la fin de semaine, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais ici. La fatigue quitte tranquillement nos âmes pendant que nos souvenirs s’ancrent dans nos esprits.

Le FME est toujours porteur de moments uniques. Entre les concerts plus près de la normalité et le flânage dans les rues de Rouyn-Noranda, on prend le temps d’aller voir des concerts qui sortent de l’ordinaire, qui nous étonnent et nous enchantent. Telle Albertine, on vous propose le FME en cinq temps.

Kid Kouna

Si vous ne le saviez pas encore, Kid Kouna c’est le projet pour enfant de Keith Kouna. C’est d’ailleurs au son de ses comptines punk que le festival s’est officiellement ouvert tôt le matin. Le spectacle duquel on parle ici s’est cependant déroulé vers les petites heures de la nuit au Broue Bar La Perdrix : le genre de moment qu’on peut juste vivre dans un festival comme le FME.

Chapeau à Kid Kouna, au prof Desroches et à leur moustachu pour avoir gardé leur sérieux du début à la fin malgré l’alcool à leurs pieds. On a droit au véritable spectacle de Kid Kouna. On s’adresse à nous comme si on était des enfants. Chansons à répondre, mascottes et marionnettes : tout y est.

Le décor nous ramène à l’école primaire. On finit par se prendre nous-mêmes pour des enfants alors qu’on nous invite à chanter et à danser. Le jeu en vaut la chandelle. L’absurdité du moment en fait en soi une anecdote qui vaut la peine d’être racontée.

Philémon Cimon 

Pour ce spectacle, on se dirige dans le décor enchanteur de la Guinguette chez Edmund situé au bord du lac Osisko. On aurait pris plus de soleil, mais la pluie ne compromet aucunement la prestation de l’auteur-compositeur-interprète. Même qu’elle finit par ajouter un certain cachet à l’expérience; à faire elle aussi partie du spectacle.

Il faut dire qu’avec son plus récent album, Pays, Philémon Cimon a grandement évolué. Sa musique a pris un coup de vieux dans le bon sens du terme. Là où il parlait autrefois de relations chambranlantes et de peine d’amour, il parle de son lien avec le pays.

Entre les chansons, il se transforme en conteur. Il nous parle du terroir québécois, passant de ses récits de voyage à Pierre Perrault. Pour l’anecdote, Philémon Cimon est devenu une sorte de spécialiste de ce pionnier du cinéma direct.

Comme il le dit lui-même, on regarde la portion musicale de son spectacle un peu comme on regarde un feu : on se laisse porter dans nos pensées par les mélodies et les paroles de Cimon. Un spectacle à la fois relaxant et intelligent qui nous a fait redécouvrir le bel humain qu’est Philémon Cimon.

Bon Enfant & P’tit Belliveau

On reste dans la thématique de l’enfance avec ce concert qui se déroule sur l’heure du dîner et où toute la famille est invitée à se joindre gratuitement. Il y a fort à parier que le nom Bon Enfant se retrouvera sur beaucoup de lèvres quand leur album sortira à l’automne. Pour le moment, aller les voir live nous donne un bon aperçu de ce à quoi on peut s’attendre pour ce premier opus.

Le bonheur et la nostalgie transpirent des caisses de son. Au parterre, les enfants s’en donnent à cœur joie. Comme c’est souvent le cas dans ce genre de spectacle, la communion entre eux nous ramène à l’essentiel : on est là pour avoir le fun.

« Avoir le fun », c’est l’expression qu’utilise le P’tit Belliveau qui complète ce doublé. Il a amené avec lui ses grosses coques pour nous partager ses charmantes chansons folks acadiennes. On aime les lignes de banjo festives et le dialecte acadjonne du musicien natif de la Baie Sainte-Marie.

The 5.6.7.8’s 

Groupe mythique du surf rock japonais, The 5.6.7.8’s a été l’un des sujets de discussion principaux de la fin de semaine. Rappelons-le une fois de plus au bénéfice de tous : ce sympathique trio féminin a pu être aperçu dans Kill Bill Vol. 1 de Quentin Tarantino. C’est à elles qu’on doit la mythique reprise de la chanson Woo Hoo qu’on entend dans le film ainsi que le titre The Barracuda entendu dans Fast and Furious: Tokyo Drift.

En spectacle, ce n’est pas le groupe le plus impressionnant, mais force est d’admettre que les trois Japonaises en ont dedans. Il y a un quelque chose de surréel à assister à ce concert-là dans le fond de l’Abitibi vers une heure moins quart. Bien planté devant le micro, à deux pouces de la chanteuse, je me sens privilégié de vivre le moment.

Même si on les sent gênées par moment (ce qui peut être attribuable à la culture japonaise en soi), c’est de leur côté punk et revendicateur dont on se souvient le plus. Ces femmes-là sont bad ass. Elles enchaînent leurs chansons avec une fougue qui fait mentir leur âge plutôt avancé. En tant que cinéphile, je tripe. J’ai encore le goût de crier « 5.6.7.8 » à la manière de Bloodshot Bill.

Salomé Leclerc

Pour bien commencer la fin du festival, on s’est rendu au Parc botanique à Fleur d’eau vers le début de l’après-midi pour un autre spectacle en simili-nature en compagnie de Salomé Leclerc. Le genre de spectacle parfait pour un surlendemain de lendemain de veille où on a besoin d’un peu de calme.

Sauf que Salomé Leclerc mélange la douceur au rock avec une confiance sans pareil. Même chose pour José Major, percussionniste et bassiste pour l’occasion, qui impressionne à son poste alors que chaque partie de son corps s’occupe de son propre rythme sans considération pour les autres. La formule duo fonctionne à merveille : on sent à peine l’absence d’un troisième membre.

L’artiste charme les festivaliers.ères de Rouyn-Noranda avec plusieurs chansons de son dernier album auxquelles elle ajoute une reprise de Léo Ferré (Vingt ans) ainsi qu’un medley avec un bout de Famous Blue Raincoat de Leonard Cohen; un peu comme elle l’avait si bien fait au FEQ cet été.

 

Prenons la peine de mentionner, en terminant, la découverte d’artistes fort intéressants comme Jeanne Added et Daniel Romano ainsi que le moment magique offert par le duo Doiron-Placard. Julie et Dany, de leurs prénoms, ont offert un une demi-heure qu’on aurait facilement doublée.

J’aurais fait pareil pour le FME. Les quatre jours sont brûlants, mais je recommencerais dès maintenant pour un autre séjour mémorable.