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Narcisse au Mois Multi : la beauté du chaos

par Émilie Rioux, le 5 février 2021 | Chéri-e j’arrive, Nouvelles

Dans la dernière année, Narcisse nous a démontré sa capacité à s’adapter en toutes occasions, présentant un spectacle différent à chaque représentation. Que ce soit au Festival OFF, à la Fête de la Musique de Québec ou à la finale Francouvertes, le projet a réussi à nous surprendre avec des mises en scène exubérantes et exploratoires. Il semblait donc idéal pour le Mois Multi d’en faire son coup d’envoi.

Titré L’odyssée, le spectacle présenté en captation vidéo a été mis en scène par le Théâtre Kill Ta Peur, une jeune compagnie connue dans la Capitale pour ses spectacles Amour Amour et La fille qui s’promène avec une hache. Forte de cette nouvelle collaboration, la soirée a été pour le moins explosive. Sur une scène à quatre côtés, où les musicien.nes performeur.ses se faisaient face, les chansons se sont enchaînées avec fluidité et volupté. L’électro-pop enlevant du collectif prenait une nouvelle dimension grâce au jeu de la caméra-épaule et aux points de vue multipliés qui ont dynamité l’expérience.

Sans doute est-ce attribuable aux nombreux spectacles virtuels qui sont rapidement devenus la norme en musique : Narcisse est à l’aise avec la caméra. Narcisse se sert adroitement du regard de la lentille au fil de chacune des mélodies, si bien qu’on a plutôt l’impression d’être à l’intérieur de la performance plutôt que d’en être simple spectateur.trice.

Au micro, Marjorie Pednault ne se repose pas un seul instant. Entre deux danses extatiques, un solo de guitare survolté et une séance de « bodypainting » quasi-sacrée, sa voix singulière est impressionnante à entendre, hypnotique à écouter. Bien connu des fans de Narcisse, le flamboyant personnage d’Utopia (interprété par Philip Després) semblait lui aussi en pleine possession de ses moyens, en talons hauts et/ou sur un exerciseur, apparaissant presque tel un coryphée (pour reprendre les codes du théâtre grec) dans le cadrage de toutes les chansons, comme autant de vidéoclips.

L’odyssée est un concert évolutif, et c’est d’ailleurs là sa plus grande force. Les corps se transforment, les costumes se succèdent et les couleurs s’empilent une à la fois dans le décor-chaos. L’intensité est une courbe ascendante qui se termine sur une finale qui nous colle le sourire aux lèvres.


Mention spéciale à l’imposant dispositif d’éclairage et aux costumes et maquillages qui soulignaient encore davantage l’esthétique arc-en-ciel de la performance. Applaudissements tout aussi spéciaux pour les musiciens (Mike Morris et Frédérique-Anne Desmarais) et pour l’artiste peintre-maison (Gabriel Paquet) dont le charisme a réussi à électriser le spectacle encore davantage.

 

Les (télé)spectateurs qui n’étaient pas familiers avec cet univers sont certainement tombés en bas de leur laptop. Il s’agit sans doute du concert le plus accompli de Narcisse que j’ai pu voir depuis les premiers balbutiements du projet. Bravo à tous les concepteurs et artistes. La barre est haute.


Le Mois Multi poursuit son édition virtuelle jusqu’au 14 février


Peut être une image de texte : « L'ODYSSÉE LANCEMENT DU MOIS MULTI 4FÉVRIER-20H30 20H30 AVEC FRÉDÉRIQUE-ANNE DESMARAIS PHILIP DESPRÉS MIKE GABRIEL PAQUET MARJORIE PEDNEAULT MISE EN SCÈNE PAR KILL TA PEUR N NAR CI E SS S »