Blogues

Pouzza Fest 2016 (tel que vécu par Patricia)

par Émilie Plamondon, le 25 mai 2016 | Punk Détente

Toute qu’une sixième édition du Pouzza Fest! Encore une fois, un franc succès. La température était au rendez-vous avec un chaud soleil et des beaux degrés pour nous permettre de profiter suffisamment de la scène extérieure, si bien nommée Le Jardin des Bières. En plus de cette scène où plusieurs groupes locaux et internationaux ont excellé, le tout se déroulait également au Théâtre Ste-Catherine, aux Foufounes Électriques, au Katacombes, au Piranha Bar, au Frite Alors!, au TRH Bar, au Perfecto et au Pub St-Élizabeth  (seulement pour les « Secret Shows »). Plusieurs points de rendez-vous tous près les uns des autres dans le Centre-Ville de Montréal.

Le festival, qui s’inspire du The Fest à Gainesville en Floride, favorise la scène musicale, mais également varie la programmation en y ajoutant des humoristes, du yoga, un pouzza bambino pour les enfants (incluant des jeux gonflables), des food trucks et nouvellement cette année, un match de baseball pour les sportifs fanatiques. Un festival familial autant pour les vrais petites familles que pour celle qu’est elle-même la scène punk. Retrouver nos amis, des connaissances, créer de nouveaux liens, toute cette belle dynamique et mentalité de famille rend la chose encore plus parfaite.

Pour ma sixième participation au Pouzza Fest (oui oui, si tu fais le compte, tu remarques que j’ai assisté à toutes les éditions), j’ai encore une fois loué un hôtel bien basique en plein Centre-Ville de façon à favoriser et rentabiliser encore plus mon expérience. Le tout a commencé avec un ticket de parking au quartier général lors de la récupération de ma passe, mais un coup arrivé à l’hôtel, trois, quatre, trois bières plus tard, le 53$ ne m’énervait plus.

 

Jour 1

À mon arrivée, j’étais totalement prête à toute le ska qui m’attendait en début de soirée. J’ai commencé mon périple avec Les Happycuriens. Un groupe de musique de Repentigny solidement entraînant avec des paroles qui me rejoignent moins, mais tout de même, leur son accrocheur ne peut faire autrement que de nous faire danser. Un petit trente minutes bien investi.

Après, c’était au tour de PL Mafia de Montréal de monter sur scène, un des groupes de la soirée que j’avais le plus hâte de voir. Encore une fois, j’ai été servie. Ça passe vite trente minutes quand on trippe sur un band han? Bref, leur talent pur m’a fait apprécier davantage ma soirée et même ma vie en général. Ils ont fait des chansons uniquement de leur dernier album Lendemain de Veille, qui est d’ailleurs solide du début à la fin. Un chef d’oeuvre autant sur CD que « live ».

Ensuite, The Beatdown. Une autre formation montréalaise qui sait se démarquer avec leur son reggae/dub entraînant. Impliquant plusieurs compositions toutes aussi « catchy » les unes que les autres, les paroles nous restent en tête c’est pas trop long. Pas étonnant que ça pogne autant. Simple et efficace. En plus, les membres sont super gentils.

Au tour de Big D And The Kids Table de venir nous varloper en pleine face l’intégral de l’album The Gipsy Hill. A-yo-ye! Un de mes meilleurs spectacles de la fin de semaine. Le chanteur est tellement expressif et débordant d’énergie qu’on ne peut le quitter des yeux et en apprécier chaque moment. Ils ont également joué quelques classiques après les onzes chansons de l’album sorti en 2002.

C’est alors qu’un choix déchirant s’est présenté à moi, Get The Shot, des bons amis de Québec VS The Planet Smashers qui font Life of The Party intégral. Les amis ont gagné. Comme toujours, un spectacle toujours aussi juste pour ces magnifiques musiciens. De la musique méchante à souhait et un pit à tout casser. C’est durant la performance de ce groupe qu’on a également assisté a la plus belle démonstration/preuve que la scène punk rock/hardcore est une famille. Parmi un des discours du chanteur du groupe, il a abordé les difficultés que certains peuvent vivre, mais que c’est important de rester fort et de soutenir les gens qu’on aime dans les dures épreuves de la vie (ma version est très résumé et pas mal moins bien dit). À ce moment, une vague d’amour s’est produit autour du guitariste qui vit actuellement un moment difficile actuellement dû à la perte d’un être cher.  En effet, une dizaine d’amis de la foule sont montés sur la scène pour aller serrer notre grand chum et lui démontrer notre amour et notre soutien. Guyp, on t’aime (plus beau moment touchant du Pouzza Fest). À ce moment, je n’avais pu aucun regret d’avoir manqué The Planet Smashers.

Après je suis allée me calmer les émotions au beau son acoustique de Five Minute Major. Je suis restée peu longtemps, car Scare allait commencer leur prestation à l’étage du dessus du Frite Alors! Une ambiance festive, méchante et divertissante à souhait. Du crachage de bière sans fin, un Phillip Roy particulièrement en forme et un « feat » réussit de Manu Savoie, ancien membre de Scare. Du beau!

Pour finir ma journée de fou, Sick of it All. Un groupe de New York avec du monde pas mal en forme pour leur âge. Plusieurs classiques ont été enchaînés au plaisir des oreilles de chacun des fans du band. Prestation merveilleuse pour les trente années de la formation.

Mon point négatif de cette soirée: être levée depuis beaucoup trop longtemps et pas capable de m’être rendu au band OC-45 de Boston, qui jouait à 2h30, soit 1h30 après la fin du set de Sick of it All.

 

Jour 2

Quoi de mieux qu’un petit show acoustique sur une terrasse un samedi après-midi au soleil avec un drink pour se remettre de la dure soirée de la veille? Rien! Donc, c’est au BBQ d’après-midi aux Foufs qu’on a pu voir Burger Barrington (ex-The Matchup) qui faisait son set sans son « partner » de band qui a récemment décidé de tirer la « plug » sur ce merveilleux projet. Toutefois, ce fut vraiment un beau moment, car les gens ont chanté fort les paroles comme à l’habitude, mais cette fois-ci en ajoutant les « backvocals » et le son de la deuxième guitare pour remplir certains vides que Bruno ne pouvait combler. Super bon set et très heureuse d’avoir revu ce beau personnage attachant qu’est Bruno.

Ensuite, Seth Anderson s’est exécuté. Majoritairement seul et parfois accompagné d’une guêpe. Très belle performance et découverte de ma part.

Ensuite, direction terrasse des Katacombes pour le set de Jenn Fiorentino. Deuxième fois que j’avais l’occasion de la voir. Pas déçue! On peut tomber facilement en amour avec sa très belle voix et la justesse de ses notes en plus de son talent qui laisse croire que c’est ça semble si simple de jouer de la guitare, du moins pour elle. Superbe prestation remplie de compositions et de « cover » comme A Wilhelm Sream et The Menzingers.

Après j’ai vu The Hunters, aka les chasseurs de Québec. Un bon show avec des chansons provenant uniquement des derniers albums, soit Art Electric et Promises.

À ce moment, les fabuleux membres de Less Than Jake allaient nous produire un spectacle au Jardin des bières. C’est donc à l’extérieur qu’on a pu danser sur les tonalités ska du groupe. On a pu assister à la présence d’une mascotte sur le stage, des ballons qui volaient partout dans la foule et des amis, qui ne sont peut-être plus que des amis, qui se sont embrassés de longues minutes sur le stage devant la foule à la demande du groupe. Encore une fois, un excellent show.

Le seul moment de la fin de semaine où plusieurs gens ont du être malheureux d’être confrontés à ne pas pouvoir entrer aux Foufounes Électriques, car durant The Suicide Machines, la salle affichait complet. La formation du Michigan jouait l’album Destruction By Definition de 1996 en intégral. On comprend pourquoi la salle s’est remplie si facilement. C’était vraiment plaisant. Le chanteur a eu super belle « vibe » et il était totalement dans son élément en tant que « frontman ». Il se déplaçait de gauche à droite et tendait le micro à la foule à de nombreuses reprises. Une très belle énergie pour nous crinquer pour la suite.

En effet, la cerise sur le gâteau, The Sainte Catherines. Ils ont fait non seulement une réunion, mais ils ont également fêté le 10e anniversaire de leur meilleur album selon moi, Dancing for Decadence, en y jouant toutes les chansons. C’était parfait! Un pit compact et parfois violent, mais remplis de gens heureux qui chantaient les paroles à tue-tête comme si c’était la dernière fois. Je me sentais comme leurs derniers shows à Québec et Montréal avant la dissolution du band, en 2012. Ils ont fait un rappel en jouant des chansons de l’album Fireworks pour finir le tout. Un autre de mes meilleurs shows de la fin de semaine également.

Point négatif de la soirée encore une fois dû à mon manque d’énergie associé au peu de sommeil, à la consommation d’alcool au soleil du levé au coucher et à ma participation au pit des Sainte Catherines = j’ai manqué un des bands que je voulais le plus voir du Pouzza Fest, The Copyrights qui jouait environ une heure après la fin du show aux Foufs. Double déception: j’avais connu un groupe que je trouvais vraiment excellent et que j’avais l’intention d’aller voir, soit Up For Nothing et je les ai manqué aussi. Chou à moi!

 

Jour 3

Pour la troisième journée, plusieurs options s’offraient à nous en terme de programmation, dont entre autres, le Merch Mall aux Foufs, le BBQ également aux Foufs, les shows de ruelles, le show hardcore au Katacombes, les shows d’humour au Théâtre Ste-Cath, sans oublier les shows secrets au Pub St-Élizabeth et j’en passe.  Bref, de la grosse diversité mon ami.

J’ai opté pour un semblable début d’après-midi à la veille, soit des petits « Bloody Caesar » au soleil sur la terrasse des Foufs. Un autre début parfait de journée accompagné d’amis et de musique acoustique par Guilhem (membre de Lost Love, un groupe montréalais). Ses compositions, ses covers et son humour m’ont diverti en ce début de journée ensoleillée et chaude. Le tout commençait bien la journée.

Après une bonne pouzza mérité, de la marche, des drinks au soleil et à la chambre d’hôtel, la soirée dégringolait en un alignement de bands solides à ne pas manquer, dont In The Meantime du Massachusetts. Une formation que je connais peu, mais que je voulais voir depuis un moment. Belle surprise/découverte.

Ensuite, les républicains de la formation La Armada sont venus nous en mettre plein la vue avec leur musique méchante, lourde, mais vraiment efficace. Une tonne de brique qui nous arrive en pleine face, mais qui fait pas mal. Au contraire, elle fait du bien et on apprécie être ramassé de cette façon-là. Les membres qui tentent de communiquer avec nous en français, anglais et espagnol, les rend très attachants. L’énergie qu’ils dégagent était palpable, rempli d’intensité et ils m’ont autant impressionné par leur dévouement sur scène que lorsque je les avais vu à Québec avec Red City Radio et Strung Out.

Au tour des chicagoans Flatfoot 56 qui sont venus nous garocher leur musique celtique en pleine face. Un beau style musique parfait pour une ambiance extérieure ensoleillée. C’est à ce moment, qu’on a pu apprécié le spectacle assis dans le gazon en se reposant un peu de la fin de semaine. Toutefois, moment éphémère, car un autre groupe m’attendait aux Foufs.

Junior Battles!! Un des groupes que j’avais le plus hâte de voir. J’ai un affection indescriptible pour la musique de cette formation. L’ambiance de show qui nécessitent qu’on prenne nos chums par le cou et qu’on chante fort les paroles. Superbe ambiance et prestation. Un autre show remarquable du Pouzza Fest.

Par la suite, une formation que j’ai connu assez récemment avec leur reprise de No Use For A Name sur l’album The Songs of Tony Sly: A Tribute, Get Dead de la Californie. J’étais dans le néant par rapport à mon anticipation de leur spectacle, mais aussi de l’ambiance. Finalement, aucune déception. Les membres du band avaient tous l’air à avoir du plaisir sur la scène. Le chanteur particulièrement dégageait une super de belle personnalité qui me donnait envie d’aller boire une bière avec.

L’avant-dernier spectacle que j’ai vu est Such Gold. Un band new-yorkais que j’affectionne aussi tout particulièrement. Le groupe punk mélodique hardcore est toujours « tight » en show. Ils ont joué quelques nouvelles chansons sur l’album The New Sidewalk, sans oublier les classiques des moins récents opus. J’ai déjà hâte de les revoir. C’est un groupe à découvrir pour ceux et celles qui ne les connaissent pas encore.

Finalement, LE groupe que la majorité des festivaliers attendaient avec impatience: Belvedere. En effet, non seulement le groupe compte plusieurs fans, mais avec l’arrivée de leur dernier album, The Revenge of The Fifth, plusieurs oreilles devaient être excitées à la simple anticipation d’entendre le tout live aux Foufs. Un long set d’environ une heure. Chaque fois je trouve incroyable d’entendre la voix de Steve Rawles fait toute la différence. Il chante comme un « dieu ». Toujours sur la note et sa voix et parfaite. Je suis pas mal vendue à tous ses projets dont This is A Standoff qui n’existe plus. Bref, la meilleure finale qu’un festival pouvait avoir. C’est ce groupe qui a mis fin à mon Pouzza Fest et ça a bien finit, d’autant plus qu’une demande en mariage a eu lieu durant leur set…quoi de plus romantique et beau.

 

Encore une fois, félicitations aux organisateurs et à toute l’équipe qui rendent chaque année ce festival possible. Merci à CHYZ pour la passe média et à Émilie de Punk Détente de penser à moi pour la deuxième année consécutive. Juste du beau et du pur bonheur pendant trois jours qui implique toutefois une dépression post-pouzza que je vis actuellement. Plus de pouzza dans une même année svp.

 

Écrit par : Patricia Morin

Auteur : Émilie Plamondon