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Le football, une motivation pour rester accroché

Match des Alouettes de Montreal contre les Eskimos d'Edmonton le 10 Octobre 2016 ‡ Montreal
par Antoine Desrosiers, le 4 avril 2017 | CHYZ Sports

COLLABORATION DE MARIKA VACHON-PLANTE, IMPACT CAMPUS

L’ancien porte-couleur du Rouge et Or, Seydou Junior Haidara, était de retour à Québec la semaine dernière, alors qu’il est allé à la rencontre des jeunes de l’école secondaire Le Sommet. Cette activité a été organisée dans le cadre du programme Ensemble à l’école des Alouettes de Montréal.

Pour le receveur éloigné, le football est bien plus qu’un sport. C’est ce qui lui a permis d’ultimement obtenir un Baccalauréat en intervention sportive. En effet, le parcours académique de l’athlète de 27 ans n’a pas toujours été facile. Atteint d’un déficit de l’attention, il a dû redoubler d’ardeur pour réussir en classe.

« C’est dur de persévérer quand on passe la majorité de ton temps à te dire que tu es poche. Tu as 50% pendant que les autres ont 80%. C’est certain que ta confiance en toi n’est pas très bonne », confie-t-il.

Heureusement, il a découvert très rapidement une passion à laquelle se rattacher : le football. « Je faisais tout pour aller sur le terrain, raconte-t-il. J’ai d’ailleurs arrêté d’avoir des problèmes de comportement à l’école quand on m’a dit : « Arrête et on va te laisser jouer au ballon. » »

Dans sa conférence, le footballeur va bien plus loin que le cadre sportif. Il fait notamment allusion à sa sœur, qui est scénariste sur l’émission jeunesse Le chalet. « Moi, je voulais tout le temps jouer au ballon. Elle, elle était toujours en train d’écrire ou de me raconter des histoires », lance-t-il.

REDONNER À LA COMMUNAUTÉ

Lorsque l’athlète originaire de Québec a entendu parler du programme Ensemble à l’école, il n’a pas douté deux secondes. Il était clair qu’il souhaitait aller à la rencontre des jeunes du secondaire et leur livrer un message d’espoir.

« Je suis là en ce moment parce que des gens l’ont aussi fait pour moi. Ils ont été des modèles, des mentors. C’est quelque chose d’important pour moi d’avoir ne serait-ce que 1% de l’impact qu’ils ont eu pour moi. »

Parmi ces mentors figure l’entraîneur adjoint du programme d’athlétisme du Rouge et Or Fabrice Akué, qu’il a rencontré alors qu’il était âgé de 13 ans. « C’est la première personne qui a cru en moi. Il m’a montré que j’avais du potentiel et que, si je faisais les bonnes choses, je pouvais développer mon talent. On a une superbe relation. Il a tellement eu un impact dans ma vie d’athlète et ma vie personnelle », relate-t-il.

Lorsque questionné sur l’aspect qu’il préfère de son métier, l’ancien protégé de Glen Constantin répond instinctivement la proximité avec les jeunes. « Ça fait cinq ans déjà que je joue professionnellement. Je suis la personne la plus compétitive, tu me challenges à Monopoly et je dois gagner. Toutefois, maintenant même en gagnant un match de foot, il me manque de quoi. Ce qui me motive maintenant, ce sont les jeunes. »

MOT D’ORDRE : RÉSILIENCE

Avant d’aboutir avec les Alouettes de Montréal le 29 août dernier, Seydou Junior a dû faire face à l’adversité à plusieurs reprises. Les blessures et les performances en deçà des attentes ont amené l’athlète à changer d’équipe à deux reprises lors des trois dernières années.

« C’était spécial [de revenir à Montréal], avoue le receveur éloigné. À ce moment-là, ce n’était pas les circonstances idéales, sauf qu’après avoir passé à travers des années un peu plus difficiles, j’étais content. C’était le timing parfait, ma sœur venait d’avoir un enfant. Je pouvais me rapprocher de mon neveu, de mes parents, de ma blonde. »

Une autre surprise l’attendait dans la Belle Province, un entraîneur qu’il connait bien, Jacques Chapdelaine. « Après avoir passé toute cette adversité-là, on dirait que les choses ont commencé à s’aligner pour moi. »

Malgré qu’il évolue à Montréal, Haidara se sent chez lui. Un facteur y contribue assurément : la présence de Matthieu Proulx, Luc Brodeur-Jourdain, Patrick Lavoie ou Pascal Masson, tous des anciens du Rouge et Or.

« Ce n’est pas juste des gars qui ont été dans le Rouge et Or, mais c’est aussi des amis personnels. Ça rend ça plus agréable. »

CRÉDIT PHOTO: DOMINICK GRAVEL, ALOUETTES DE MONTRÉAL

Auteur : Antoine Desrosiers